Monday, October 17, 2016

Amour de soi : ligne continue ou montagnes russes ?

Ces dernières semaines m'ont amenée à réfléchir sur un grand nombre de choses, et en partie sur l'amour que je pouvais me porter à moi-même. On va dire que je me trouvais dans une période "sans". Je n'arrivais plus à écrire, je ne faisais plus beaucoup de sport, j'avais foutu plusieurs de mes amitiés en l'air, et c'était entièrement de ma faute.
Le résultat était que durant cette période, je ne m'aimais pas.

Cela m'a amenée à me poser beaucoup de questions par rapport à ce blog. En effet, étais-je légitime à parler ici d'amour de soi et de choses équivalentes alors que je me détestais ? Que devais-je faire ?

Et pourquoi avais-je été incapable de m'aimer moi-même ? Etait-ce un échec de plus ?

Ça m'a donné l'idée de cet article.
En effet, on pense souvent que l'amour de soi, comme le bonheur, est une finalité. On ne s'aime pas, on apprend à s'aimer, puis on s'aime et alors la vraie vie commence.
Oui, mais ça, ce serait nier la vie en elle-même. La vie et tous les petits événements qui la composent et qui nous mettent à m'épreuve.
Il est très facile de tomber dans ce piège : on passe par une période de célébration de soi, puis un incident arrive, notre estime de nous baisse, et nous nous en voulons d'autant plus.
S'ensuit alors un cycle de culpabilité, basé sur notre regret de ne pas être capable de nous adorer en cette période d'adversité.

J'aimerais casser ce mythe.
Tout comme il y a une infinité de façons de pratiquer l'amour de soi, il y a une infinité de variations de cet amour de soi. Vous n'êtes jamais à l'abri du doute, de la culpabilité, de l'auto-flagellation. Je pense que même Gala Darling et Beyoncé y sont parfois sujettes.
Et même si cela leur arrive moins qu'à nous, même si leur amour d'elles-mêmes est plus solide que le nôtre, il est tout à fait improductif et hors de propos de nous en vouloir et de nous donner une raison de plus de nous critiquer.

Je vais vous dire où j'en étais à ce moment-là.
Je n'arrivais plus à écrire parce que j'avais l'impression que mon écriture était trop fade et pauvre pour exister.
Je n'avais plus écrit sur ce blog pendant un moment parce que j'avais l'impression que je n'avais rien à apporter.
Je me fais refaire les seins le 22 septembre, et je ne ressentais plus que du soulagement, parce que je ne supportais plus mon corps.
Je passais mes journées à m'en vouloir des erreurs que j'avais faites en amitié. Des problèmes que j'avais causé.
Il m'arrivait d'avoir envie de me faire du mal physiquement, ce qui, à mes yeux, était le comble de la haine de moi.
Je ne me sentais pas à la hauteur de mes amis, j'avais l'impression de ne pas être assez bien, de ne pas faire les choses assez bien.

Parfois, la vie vous arrive. C'est comme ça. Il n'y a aucune raison pour que vous échappiez à cette règle. Il est donc normal que vous réagissiez à ces événements qui vous arrivent.
Parfois, vous vous disputez avec des amis. Et vous surmontez cela.
Parfois, vous n'atteignez pas vos objectifs. Et ça n'entame pas pour autant votre confiance en vous, car "l'échec amène à la réussite".

Mais parfois, les choses s'accumulent et vous êtes dans l'impossibilité de vous aimer. Vous ratez quelque chose, vous ne créez plus, vous recevez trop de critiques à la fois, votre corps ne vous plait pas, et...que pouvez-vous faire ?
Vous passez alors pour une période de dépréciation de vous-même.
Est-ce que c'est vraiment le moment de perdre encore plus d'estime de vous parce que vous n'êtes "même pas capable de vous aimer" ?
Nous n'avons pas besoin de cette pression-là.

Nos progrès ne sont pas linéaires, en aucun domaine. Lorsque vous apprenez à dessiner, vous atteignez parfois un "plateau" où vous ne progressez plus. Pareil pour le sport. Lorsque vous apprenez une langue, vous oubliez parfois votre vocabulaire.
Si vous écrivez un roman, il arrive que vous deviez effacer des chapitres entiers et recommencer.
Parce que le succès n'est pas et ne sera jamais linéaire.
Vous n'allez jamais progresser en ligne droite sans jamais retourner en arrière.
Vous allez parfois vous adorer, parfois vous détester. parfois vous kiffer avec force, parfois vous critiquez plus durement que nécessaire.

Je pense que le but de l'amour de soi n'est pas de se kiffer en toute circonstance. Qui arrive à faire ça ? A ne jamais douter ? A ne jamais se critiquer ? A ne jamais se saboter ?
L'amour de soi sert à avoir une vision des choses plus saines, mais également à se relever. Même courbé, même accroupi, même bossu.
C'est se déprécier, mais savoir au fond de soi que nous sommes une personne de valeur et que les choses qui nous arrivent vont s'arranger.

Lorsqu'il m'arrivait tous ces problèmes, lorsque je me détestais, je savais au fond de moi que mes impressions étaient fausses, que j'étais une personne importante, une bonne personne, et que tout allait s'arranger.
Je n'aurais jamais pu penser ça avant.

Finalement, j'ai eu mon augmentation mammaire et je me suis fait un nouveau tatouage, je me suis réconcilié avec un ami très cher, j'écris un texte par jour et je n'ai jamais été aussi créative auparavant, et je me rends compte à quel point j'avais raison de penser que tout allait s'arranger.

L'amour de soi, ce n'est pas un diktat.
C'est une aide pour vos bonnes périodes comme pour vos mauvais jours.
Ne vous inquiétez donc pas si parfois, vous avez l'impression que "cela vous échappe". Que vous ne vous aimez pas autant que vous devriez.
Vous ne "devez" rien du tout.
Juste prendre soin dans vous, peu importe la période que vous traverser, et accepter que tout ne soit pas toujours rose, et que vous n'avez pas toujours la force.

Sarah's Scribbles


2 comments :


  1. ça faisait longtemps que j'avais pas autant aimé un article de toi.
    (J'ai rien d'intéressant à dire à part ça).

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